Mon chat est malpropre, au secours !


La malpropreté (mictions et défécations) chez le chat est un phénomène assez commun qui peut être un véritable souci pour le maître. Souvent la cause d’abandon voire d’euthanasie, il existe pourtant des solutions qui peuvent avoir des effets plus ou moins rapides. En cette période de confinement, la malpropreté peut survenir… Voyons pourquoi et quelles sont les causes de ce trouble.

Votre chat a toujours été malpropre ?

Votre chat n’a jamais été réellement propre, alors il s’agit sans doute d’un défaut d’apprentissage de la propreté. Cela peut être le cas de chatons séparés trop tôt de leur mère et n’ayant pas appris les codes de la propreté. Cela peut aussi concerner un chat adopté, habitué dans sa précédente vie à faire ses besoins dehors (un chat qui vivait en maison par exemple), qui se retrouve enfermé dans un appartement. Ce dernier devra apprendre à utiliser la litière et on peut alors voir apparaître des désagréments à l’extérieur du bac. On retrouve aussi souvent de la malpropreté chez les chats et chatons qui vivent ou qui ont vécu en collectivité, dans une grande promiscuité et dans un environnement malsain, souillé et peu fréquemment lavé. C’est le cas par exemple des élevages intensifs où dans certains cas le bien-être animal n’est pas respecté.

Maladie ou trouble du comportement ?

Votre chat lui, était propre et commence à éliminer en dehors du bac ? Il faut alors s’interroger. La cause est-elle une maladie ou un trouble du comportement ?

Dans un premier temps, il convient d’exclure l’hypothèse d’une maladie. Pour cela, rdv chez votre vétérinaire. Lui seul pourra déterminer si votre animal a un problème de santé. Communément, la malpropreté peut survenir à cause d’une infection urinaire du type cystite, d’une insuffisance rénale, d’un polype de la vessie (tumeur souvent cancéreuse), de troubles digestifs… Votre vétérinaire pourra alors vous prescrire des traitements médicaux adaptés selon le cas.

Une autre hypothèse à prendre en compte est que votre chat avance en âge et éprouve peut-être des difficultés à aller au bac voire même qu’il devient paralysé.

Plus rare, vous pouvez faire face à un chat dans un état de dépression aggravé. On constate alors des émissions d’excréments (urine et selles) dans le lieu de couchage. En cas d’énurésie (émission inconsciente d’urine) ou d’encropésie (défécation involontaire), il est impératif d’en parler à votre vétérinaire.

Si l’origine de la malpropreté de votre compagnon n’est pas pathologique ni dû à l’âge, il peut alors s’agir d’un trouble du comportement.

Malpropreté par élimination ou marquage urinaire

Il est essentiel de distinguer les deux types de marquage afin de poser un bon diagnostic et apporter les solutions les plus adaptées.

La malpropreté par élimination : reconnaissable par une flaque d’urine par terre ou sur de la literie, des vêtements…. Le marquage par élimination peut avoir diverses causes : par exemple, un bac à litière trop sale, un bac non adapté au chat (par exemple, votre chat n’aime pas la porte battante de la litière fermée et préfèrerait une litière ouverte, ou inversement), un seul bac pour plusieurs chats, un changement de marque de litière, un bac situé dans un lieu de passage, mais aussi tout élément perturbateur ou anxiogène pour votre petit félin, qui viendrait déboussoler son territoire, comme un déménagement, le déplacement du bac dans une autre pièce, l’arrivée d’un nouveau compagnon dans le foyer (humain ou animal), la venue d’un bébé…

Dans le cas de malpropreté par élimination, on retrouve aussi les mictions ou défécations émotionnelles qui surviennent dans un contexte de stress ou de peur très précis (souvent chez le vétérinaire par exemple ou lors de déplacements en caisse de transport).

Le marquage urinaire : ici le chat va chercher à marquer son territoire. Contrairement à l’élimination, le marquage se fait en hauteur, le chat reste bien droit sur ses pattes et envoie une projection d’urine horizontale sur un support vertical (comme un meuble, un tronc d’arbre, un mur…). Il n’y a donc pas de flaque importante d’urine au sol.

Le marquage urinaire est un élément essentiel de la communication féline. L’urine contient des phéromones qui vont permettre aux petits félins de communiquer entre eux. Les chats mâles entiers et certaines femelles marquent beaucoup de manière naturelle (on parle de marquage urinaire sexuel). Parfois, malgré la stérilisation, certains chats éprouvent encore le besoin de marquer leur territoire. C’est le cas par exemple lors de la cohabitation de plusieurs félins, mais aussi si le chat ressent de l’anxiété, il va alors se rassurer et tenter de s’apaiser en délimitant son territoire avec des jets d’urine (on parle de marquage urinaire réactionnel).

Les anxiétés de territoire sont souvent dues à la surpopulation, à l’arrivée d’un nouveau chat ou tout autre animal, à un déménagement, au réaménagement de l’espace avec de nouveaux mobiliers par exemple…

Poser un bon diagnostic dans l’ordre…

Ainsi, avant de conclure à quoi que ce soit, il faut se poser les bonnes questions, dans l’ordre. Mon chat a-t-il toujours été malpropre ou est-ce récent ? La cause est-elle organique (pathologie) ? Si ce n’est pas le cas, fait-on face à un comportement d’élimination inapproprié ou bien est-ce un marquage urinaire ?

Dans tous les cas, le mieux est toujours de se référer à votre vétérinaire comportementaliste dans un premier temps, afin d’éliminer l’une après l’autre les causes possibles de la malpropreté de votre compagnon. D’autant que parfois, la malpropreté s’accompagne d’autres troubles comportementaux : léchages excessifs, grattages, mordillements… Une consultation avec un comportementaliste félin peut aussi s’avérer nécessaire si les troubles persistent.

Ce problème de malpropreté, très fréquent, est encore trop souvent un prétexte à l’abandon alors que des solutions existent. En étant à l’écoute de votre animal et en suivant les recommandations d’experts, des résultats et une évolution positive peuvent apparaître très rapidement.

Il faudra toutefois accepter de remettre en cause certaines de vos habitudes à la maison et certains rapports que vous entretenez avec votre compagnon… et ce afin de mieux vivre votre relation avec lui et de contribuer à son équilibre et son bien-être, gages de sérénité dans le foyer !

En effet, l’une des solutions réside souvent dans un bon aménagement de l’environnement, mais également dans l’enrichissement du lieu de vie et dans le fait de proposer de multiples stimulations à votre chat notamment pour l’aider à lutter contre l’ennui.

Avec le confinement, la routine de votre chat change. Vous êtes présent à 100 %, vous le sollicitez sans doute plus, les jeunes enfants peuvent être davantage à la maison avec ce que cela implique de bruits et de mouvements. Votre chat peut donc développer quelques troubles du comportement comme le marquage. Durant cette période, n’hésitez pas à contacter des professionnels qui continuent de travailler et de venir en aide aux propriétaires de félins malpropres, même en consultation par visio.

Enfin, rappelons que punir son chat est inefficace. Les punitions ne font qu’augmenter l’anxiété et l’incitent à marquer davantage…